Musique et photographie, même combat ?

voici un texte de CharElie Couture, publié sur sa page Facebook, avec un regard croisé sur la photographie et la musique, et des remarques pouvant aider à réfléchir sur nos conditions d’exercice de la profession.

« Avant le numérique, la photographie était un métier mystérieux sérieux, qui nécessitait de s’y connaître « même » en chimie ! Une photo était une énigme. Elle valait au moins le prix d’une énigme. Aujourd’hui les progrès de la technologie et les outils digitaux corrigent automatiquement les erreurs d’exposition ou de cadrage. Alors ça fait naître des illusions… d’autant que tout le monde utilise les mêmes médias sociaux.
Pour la musique pareil, plus besoin de posséder les grosses machines onéreuses qui meublaient les grands studios, aujourd’hui tout le monde peut faire un bon son compressé dans sa chambre.
La musique ne vaut plus rien. A peine considère t-on que l’ensemble de toutes les musiques du monde vaut une dizaine d’Euros, prix d’un abonnement mensuel à une plateforme de streaming.
Les disques n’existent plus. Même certains de ceux à qui l’on a offert mon dernier « LAFAYETTE », ne l’ont pas écouté, l’excuse invoquée étant qu’ils n’ont plus de CDPlayer. Je pense que les « maisons de disques » devraient changer d’appellation. Peut-être devraient-elles être considérées désormais autrement, plutôt comme des « Plateformes de Développement et Diffusion Musicales ». Je ne sais pas? En fait tout le monde cherche, mais personne ne connaît la réponse.
Visuel et musique, même question : comment faire admettre qu’on est un professionnel de l’image et du son, quand chacun se sent capable de faire une belle photo ou de programmer un morceau de musique, même sans l’avoir apprise, sans avoir pris un cours ou lu le mode d’emploi des amplis.
(La question se pose aussi pour d’autres professions comme celles de l’information qui, depuis que celle-ci est offerte on line, ne permet plus de financer des enquêtes approfondies, mais incite les rédactions à faire une surenchère de titres provocateurs pour chapeauter des articles aux contenus populistes).
Nous vivons désormais à l’ère des grands amateurs. Exigeants et souvent hyper affûtés, ils connaissent l’histoire, la théorie, et surtout la technique de telle ou telle activité qu’ils pratiquent en sérieux dilettantes pendant leurs loisirs, mais leurs motivations n’ont que peu de points communs avec les préoccupations des professionnels. Se retrouvant dans l’impossibilité de dégager un profit de leur talent ou de leur savoir-faire, musiciens et photographes se résignent de façon pragmatique à exercer une autre profession, plus lucrative. Si celle-ci les barbe, cependant elle les nourrit.Alors ils ont beau s’en plaindre qu’ils n’en changeraient pour rien au monde !
C’est le paradoxe d’une société schizophrène qui fabrique des employés/salariés n’ayant d’autre choix que de se tenir à un boulot qui les ennuie grave, tandis qu’ils s’identifient à telle ou telle passion qui ne leur permet pas de survivre.
Alors au soleil couchant de leur existence, ces frustrés qui n’ont jamais pu vivre de leur passion, idéalisent la retraite, l’attendant avec impatience, comme « l’ENFIN !», ce moment de vie parfait qui leur permettra de se réaliser sans qu’ils aient pour autant à se préoccuper de savoir si c’est ou non rentable… Bon, mais pour les jeunes créateurs, c’est une autre histoire !!!
En attendant,
comme tant d’autres photographes, je montre ma musique sur Youtube et je me poste, gratos,
sur Instagram…
CharlElie
Août 20XVI
« 

à méditer, et à en reparler prochainement.

stéphane Riou
présidence du GNPP Ile de France

4 réflexions au sujet de « Musique et photographie, même combat ? »

  1. Merci pour ce commentaire, Philippe. En effet, il y a une part de génie dans chaque création, qu’on l’aime ou non. Allons boulotter les œufs mais pour cela, il nous faut évoluer, ne pas ce contenter d’être. Reprendre la main sur la communication photographique, sur l’identité d’un photographe, ce que c’est actuellement, ce que cela doit être. Utiliser et contrôler ces nouveaux outils de communication et ne pas en être les victimes. Éduquons nos prospects, nos clients et les photographes. Il s’agit d’une éducation de masse, de faire réaliser aux gens, dans leur ensemble, ce que c’est réellement que le métier de photographe : un technicien et un artiste. Comme le dit CharlElie, tous le monde peut maintenant faire une photo, sans connaissance, sans histoire, sans racine. Nous sommes là pour faire une photographie, réussie, chargée d’une technicité que le client appréciera sans la voir, chargée d’émotion, ayant un sens pour lui, pour nous. Il est sur que ce travail n’est absolument pas réalisable seul, pas plus qu’un petit mulot n’aurait pu boulotter à lui tous seul tous les œufs. Pas contre, ensemble, bien des choses sont possibles.

  2. Bonjour à tous
    Une petite pensée de mon hamac ….Ah les vacances ….
    Merci Monsieur CharlElie Couture pour cette  » triste vérité  » du XXI siècle, mais il faudra bien se résoudre à faire avec, et j’en suis comme beaucoup très affecté. Mais voyons à chaque époque il y a eu des morts et des rescapés et pourquoi les rescapés s’en sont sans doute sortis plus fort ? Parce qu’ils ont modifié leur comportement, ou se sont transformés.
    Tiens une petite histoire amusante savez vous pourquoi les dinosaures on disparu ?
    Bien sûr il y a eu cette météorite, mais aussi c’est parce que des petits mamifères boulottaient les oeufs de ces grands couillons de géants. Simple et efficace !
    Revenons en aux artistes, peintres, photographes et autres confrères doté d’une Muse intérieure.
    Pourquoi retient on les noms de Michel Ange, de Picasso, Rembrandt, Mozard, et autres Léonard. …?
    Ils avaient tous le même pinceaux les mêmes crayons la même oreille que nous tous !!!
    Juste une petite flamme de plus qui est le génie et l’amour de leur passion, ce qui les rapprochaient tous du Divin.
    Et bien personne ne peut aller contre le progrès, mais tout le monde est doté d’une âme créatrice.
    Servons nous des outils que le progrès nous apporte et mettons nous en quête de génie.
    Soyons ce petit mamifère qui vat boulotter les oeufs du progrès pour en faire notre avenir personel.
    Bises à tous et à CharlElie.

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