L’oeil du boucher !

Etre professionnel, c’est être apte à vivre de son travail. C’est pouvoir réagir techniquement sans perdre de temps à la demande de son client, avoir les connaissances nécessaires pour pouvoir lui apporter au meilleur coût l’image dont il a besoin, image la plus parfaite possible.

C’est maitriser la techique propre à la spécialité d’image choisie, mais aussi maitriser l’esthétique de cette image. Mais être photographe professionnel n’est pas simplement maitriser un rapport vitesse/diaphragme/sensibilité ! Ce n’est pas non plus uniquement un cadrage.

C’est aussi maitriser sa communication, faire de la gestion, connaitre la réglementation du travail, les droits et les devoirs d’un responsable d’entreprise. C’est savoir chercher de nouveaux clients et les fidéliser.

C’est un magnifique challenge qui a tendance, sous pretexte que l’on aime cela, à envahir un peu nos vies, pour le meilleur bien sûr, au détriment de nos proches si nous ne maitrisons pas tout cela, si nous ne comprenons pas que nous devons parfois être aidé.

Et pourtant, même en maitrisant la technique et l’esthétique, il arrive que nous ne rencontrions pas la réussite souhaitée.

Qui parmis vous, connait l’expression : l’oeil du boucher ?

Un boucher et un charcutier travaillaient côte à côte dans la grande rue du village, et leurs affaires, si elles fonctionnaient bien, ne progressaient plus. Un jour, le boucher alla voir son voisin, et entama la conversation sur la vie difficile qu’ils menaient, toujours occupés à servir leurs clients, à courir pour être le plus performant, sans retour de progression. Puis, il signala, gentiment au charcutier, que certaines étiquettes sur les produits n’étaient pas bien visibles, que l’affiche de promotion était partiellement décollée, qu’un balai trainait dans le fond du magasin, avec le petit tas de poussière au sol, en attente d’être ramassée, qu’une lampe ne s’allumait pas, bref, ces petits détails que le charcutier ne voyait plus, toujours sous son nez, mais que ses clients eux, voyaient tous les jours, et leur faisait juger moins positivement son établissement. Le charcutier corrigea ces petits travers, et son activité se redéveloppa.

Il faut peu de choses pour réduire nos efforts à néant. Une mauvaise présentation (que l’on trouve pourtant parfaite), une mauvaise lumière, un petit quelque chose qui gêne…

N’hésitez pas à inviter un collègue à venir vous voir et recevez le avec à la main un bloc note et une demande : dis moi tout ce qui te gêne dans mon établissement ! Et vous verrez qu’il trouvera des choses que vous ne voyez plus.

je dis ça, je dis rien, mais …

Stéphane Riou
présidence de la Chambre Syndicale de la Photographie Professionnelle (C.S.P.P.)

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