Décès de Bernard Languille

Il est des nouvelles tristes à annoncer.

Hier, Bernard Languille nous a quitté.

Atteint depuis quelques années, la maladie a fini par l’emporter malgré qu’il se soit battu jusqu’au bout. Qu’attendre d’autre de cet homme si vivant, si communicatif en énergie vers les autres.

Toutes nos pensées vont vers Chantal, son épouse, ses enfants et petit-enfants, et ses amis.

Comment présenter Bernard à ceux qui n’ont pas eu la chance de le connaitre ? En lisant ces quelques vers de Kipling :

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi;

Si tu sais méditer, observer et connaitre
Sans jamais devenir septique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
Penser sans n’être qu’un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;

Je pourrai dire que Bernard était humain, mais c’est un peu réducteur. Bernard était aussi un humaniste. Il aimait les gens. Il aimait les photographes et il aimait les artisans photographes. Il aimait aussi le bon vin.

Il était un fervent défenseur de la profession, syndicaliste dans l’âme. De par son activité professionnelle, il nous disait qu’il aurait du être à l’UPP pour défendre les photographes et pourtant, il était à la C.S.P.P. et au GNPP pour défendre les artisans photographes (cela comprend bien sur les Micro-entrepreneurs).

Bernard était engagé pour la défense de ce métier. Défense syndicale, mais aussi instruction des photographes. Nombres de photographes ont énormément amélioré leurs connaissances dans son studio lors des formations qu’il organisait, voir qu’il animait. Combien parmi vous savent calibrer une chaine graphique grâce à lui ?

Etais-je son ami ? Non ! Je n’avais pas cette chance. J’avais beaucoup de respect et énormément d’affection pour lui, pour cette image d’union et de solidarité qui émanait de lui. Pour nos discussions sur le syndicat où nous pouvions être en opposition de prime abord mais qui permettaient toujours un débat constructif. Pour l’homme qu’il était, ouvert aux autres.

C’était un photographe, qui faisait de la prise de vue, qui savait en faire, et qui en connaissait l’Histoire. Il y a quelque mois, nous avions fait un tour en voiture pour aller à une réunion et, m’étant lamentablement trompé de route, à un moment il m’a montré un terrain sur le côté de la route pour me dire que c’était de là qu’avait décollé Nadar pour sa première photographie aérienne depuis un aérostat.

Nadar, pionnier de la photographie, créateur de ce tout premier syndicat de photographes que Bernard a dirigé aussi. Bernard avait même rebaptisé la rue de son studio « rue Nadar ».

C’était un passionné, toujours prêt à donner un coup de main en bénévole comme le rappelait Gérard Cimetière, pour la préparation des images de l’Été des portraits.

Elle va me manquer cette coupe de champagne que nous devions boire un jour ensemble et que nous reportions sans cesse.

Je me dis que tu vas pouvoir rencontrer Nadar et discuter avec lui, certainement en compagnie de Manu aussi.

Tu vas nous manquer Bernard.

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

 

Stéphane Riou
présidence de la C.S.P.P. (Chambre Syndicale de la Photographie Professionnelle)

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